Le jardin du réel

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Le jardin du réel

Message par Admin le Mar 28 Mar - 14:28

La légende du Lion, de la Tourterelle, du Freshman
de l’Antilope, de la Chouette et de l’Arbre Dans le Jardin du Réel

Un conte entièrement basé sur des pensées réelles…




Salut ! Fit le Lion…

J’ai relu à plusieurs reprises les ‘’Word’’ que tu nous as envoyés. J’ai essayé d’écrire comme tu nous le conseil mais je ne vois pas par où commencer, ni quoi dire quand au weekend end que nous avons vécu ensemble. Penses-tu qu’il y ait un point de départ duquel je pourrai partir ?

J’ai aussi une question par rapport à ce que j’ai vécu. Sur le retour de notre petite marche avec Emilie, alors que tu étais en train de lui parler j’ai remarqué un teuffeur qui maltraitait son chien assez violement en passant. Le fait d’avoir remarqué cet acte, est-ce de l’absence au réelle puisque je n’étais pas présent à ce qui se déroulait juste devant moi (à savoir votre échange) ?


Salut, répondit l’Arbre…

Merci pour ton mail.

Pour le deuxième point, c'est un gros travail de bien voir ce qu'on appelle être ''présent au réel''. Ce n'est pas être attentif, ni concentré, c'est être présent à tout ce qui est tout en ajustant notre intention à ce qui est. C'est l'implication de notre intention dans le réel, sans se couper de rien mais tout en choisissant d'orienter notre capacité de connaitre vers l'objet que nous voulons connaitre. Ainsi, tout dépend de ton écoute intérieure à ce que tu as choisis, c'est à dire ton intention, ce que tu veux deep inside. L'intention d'aller en teuf était de côtoyer ces jeunes et de nous laisser instruire par leur vie en y réfléchissant. Etre étonné (si c'est bien ça) par le teufeur, entre dans le truc, en plus, je parle quand même beaucoup, lâcher de temps en temps parait normal. Ce qui serait inquiétant, ce serait que connaissant l'intention de la sortie, tu passes ton temps à t'en foutre de ce qui est dit, en pensant que ce frère est bien pénible, que tu regardes les gens comme un curieux... A toi donc de voir en toi où tu en étais...

Si à la lecture des docs tu restes sans questions c'est soit que c'est clair et que cela t'a bien nourri, soit que tu as lu sans t'impliquer et que cela ne te touche pas. Là encore, à toi de voir. Si ce que nous avons fait, ce que nous avons travaillé et que j'ai posé sur papier t'a bien nourri, alors cela a enclenché quelque chose de nouveau dans ta vie, tu sens au moins que tu vois certaines choses différemment, tu uses avec moins de légèreté de choses qui te détruisent, tu passes moins de temps à des fadaises qui désorganisent, tu commences à être un peu dégouté et lassé de certaines manières de vivre... Cela manifeste l’éveil de ton esprit. Si au contraire tu restes dans ton bouillon, tu ne prends aucune décision qui te boost un peu, voir qui t'écorche, si tu ne te mets pas à lire, à travailler au développement de toi, alors je suis un mauvais pédagogue car tu ressorts de notre rencontre sans avoir vu un être humain, ce qui suppose qu'il y en ait un...

Comme tu vois, je suis prêt à me remettre en question, enfin, la vie me le fait anyway... Si donc tu souhaites que nous soyons en dialogue, peut-être à propos de ce que je viens de t'écrire, tu sais que je suis dispo pour échanger avec toi, car pour moi rien ne compte plus qu'un jeune qui veut bouger et qui veut prendre les moyens pour cela...

Je ferais un doc sur ce thème, en attendant, voilà ce qui m'est venu à l'esprit pour compléter et clarifier ce que l'on peut entendre par '' être présent au réel'', qui n'est pas seulement une attention à ce qui se passe...
Nous pouvons être présents à ce qui est dans la mesure où nous le connaissons et où nous nous investissons dans le réel. Ainsi, lorsque nous voulons ce que nous pensons et connaissons, et que nous agissons en harmonie avec cette connaissance aimante, lorsqu'en plus nous la transmettons en la prononçant et en la vivant, alors, nous pouvons considérer que nous ne sommes plus dans l'image du réel mais que nous entrons dans ce qui est, ce qui demande une mobilisation de tout notre être...

Le Lion :
Je me rends compte que je n’avais donc pas bien saisi cette notion de présence au réel qui était pour moi le fait d’être concentré et attentif à l’instant présent, mais ton explication apporte une autre dimension. Mais je ne comprends pas quelques points. Tous d’abord « Nous pouvons être présent à ce qui est dans la mesure où nous le connaissons ». En effet, quand nous rencontrons quelqu’un, exemple Emilie lors de la teuf, nous ne l’avions jamais vu, ne connaissions rien sur elle, sa vie, pourtant lors de cette expérience, n’étions-nous pas présent au réel de par l’intention qui nous avait poussé à venir en teuf?

L’arbre :
Oui, c’est cela, notre intention nous a permis d’assumer la nouveauté en l’appréciant telle qu’elle était, en la laissant être ce qu’elle est, autant que possible, nous avons été au plus près du réel… Tous ce que nous faisons avant d’aller en Teuf nous prépare à rencontrer des teufeurfeuses. C’est un travail intense et exigeant ; lorsqu’on l’a vécu pour la Teuf, on y est particulièrement sensible au quotidien : tout ce que nous vivons se met en place pour rencontrer l’autre, pour nous y préparer, si toutefois nous le savons et voulons… Notre intention s’affute, s’affermie, se développe, s’ouvre, s’enracine, se réalise dans le réel par l’expérience limitée que nous en avons. Chacun d’entre nous est présent au réel selon son propre rythme, sa capacité propre de l’appréhender. La rencontre avec une personne actu l’intention en unifiant dans cette personne la multiplicité des circonstances de temps, de lieu et de décisions qui nous ont menées vers elle. Chaque rencontre nous interroge : es-tu aussi présent au réel que tu le peux, que tu le dois, que tu le veux ? La vie nous interroge : que fais-tu de chaque instant de ta vie pour être disponible pour l’autre ? A contrario : que casses-tu dans ta vie, que caches-tu pour ne pas voir, ne pas t’investir ? Quelles excuses-te donnes-tu ? Comment te voiles-tu le réel ?

Le Lion :
Si j’ai bien compris, pour être présent au réel, il est nécessaire d’avoir une intention ferme?

L’arbre :
Yep, et pour préciser encore (car pour ce qui est du rapport au réel, on peut toujours être plus précis) être présent au réel suppose d’avoir une intention pure, la fermeté qualifierait peut-être plus l’action que l’intention. Plus notre intention est pure, c’est-à-dire plus notre axe de vie est dégagé de nos idéaux, illusions et autres images de nous-même ou de la vie, plus nous rejoignons ce qui est. Plus nous connaissons et aimons ce qui est plus que ce que nous percevons/ interprétons/savons (…), plus nous entrons dans le réel, qui existe au-delà de ce que nous percevons/ interprétons/savons (…). Il s’agit du travail de chaque instant vécu comme instant. Si ‘’on’’ s’imagine le temps que ça va prendre, c’est mort…

Et la tourterelle s’envole :
Je ne comprends pas bien ta réponse... Cette incompréhension me pousse à vouloir "traduire" mais je tombe vers une interprétation qui n'est clairement pas ce que tu essayes de dire.
De ce que j'en sais l'intention n'est pas "fixe" elle grandit, évolue au fil des rencontres alors je la vois mal être ferme, en tout cas la mienne n'est pas ferme, elle se cherche et se stabilise comme elle peut avec toute les informations qu'elle capte tous les jours de tout ce que j'expérimente dans ma vie.

L’arbre :
Si tu ne comprends pas c’est que tu essaies trop de comprendre, je pense que tu l’as compris ! Alors tu peux reprendre ce que je dis en interrogeant, en formulant de manière à passer à l’interrogation qui va susciter quelque chose de nouveau dans ton intelligence, qui ne sera pas d’abord de l’ordre du compris figé, mais de l’ouverture vers une connaissance plus précise… Regarde : Est-ce que j’aime plus le réel ou la perception que j’en ai, l’interprétation que j’en fais ou le savoir que j’en retire ?
En premier la perception : ce que l’on perçoit par le sensible.
En deuxième l’interprétation : ce que l’on fait de ce que l’on a perçu.
En troisième le savoir : ce que l’on a enregistré, classifié…
Chacune de ces étapes peut nous séduire et nous sembler plus sympa que le réel, car nous y avons ajouté notre touche perso… Attention, ce n’est pas un mal d’aimer notre propre perception, interprétation ou savoir, mais ce n’est pas juste de préférer ces étapes au réel puisqu’elles sont censées partir du réel comme d’une source et s’y achever…

Être ferme dans la réalisation de notre intention ne veut pas dire être fermé ou buté. Justement, la fermeté va avec la souplesse, et peut-être qu’on pourrait dire que l’alliance fermeté/souplesse = stabilité… Bien vu ! Bien vu aussi : la stabilité se cherche dans la succession, jusqu’à l’instant harmonieux et serein où nous l’avons trouvée, avant qu’elle ne nous échappe à nouveau… C’est pourquoi nous affinons, nous vérifions notre intention, et lorsque qu’elle se pose, nous nous envolons…


Un Freshman qui cherchait à se réchauffer s’approcha pour interroger :

Où en suis-je de ma présence au réel au quotidien ? J’ai l’impression, et ce n’est qu’une impression, que mon « exile » me place seul juge pour répondre à cette question. J’ai les prémices d’une réponse quand, par exemple, je découvre au bout d’un mois que tous les prisonniers à qui j’apprends à chanter savent déjà tous chanter ou quand un enfant ou un ado démonte tous mes plans en me disant « mais non regarde c’est plus simple comme ça ». C’est à chaque fois une remise en question pour affiner mon intention. Mais justement, mon intention est-elle pure ? Qui peut le vérifier ? Je sens que j’avance sur un bon chemin je vois même certains fruits. Par exemple quand Stephano, 17 ans, remercie Dieu lors de la prière de nous avoir comme amis. Mais est-ce que cela suffis pour répondre à ces questions ? Jusqu’où le réel m’enseigne-t-il, n’ai-je pas besoin d’un arbre ?

Le lion :
Sûrement, quant au travail que nous avons effectué et la relecture, je pense en effet qu’ils ont enclenché quelque chose. Comme tu le dis je vois certaines choses différemment notamment sur ma manière de vivre mais aussi sur « notre » manière de vivre j’entends par là la manière dont « fonctionne » notre système. Je vois autour de moi des actes qui sont effectués tous les jours de manière machinal, mécanique et qui paraissent normal pourtant quand je m’interroge sur ces derniers ils semblent aberrants. A chaque fois que je le remarque je m’en fais la réflexion, mais maintenant que je t’écris ce mail, je n’ai aucun exemple…
L’arbre :
Bienvenu en dehors de la matrice… Tu avais déjà commencé ce chemin dans nos premières rencontres. Cela s’appelle « voir » ! Le fait que tu vois autour de toi ces gestes machinaux, c’est cool. Je pense que tu les vois aussi en toi. Si maintenant tu les vois autour de toi, c’est que tu en sors, et c’est voulu pour que tu vois de plus en plus clairement ce qui en toi est encore dans la machine. Ce que tu vois à l’extérieur veut t’éclairer sur ce qui se passe en toi. Si ce n’est pas le cas, comme Emilie qui se voyait supérieure aux autres par son intelligence (ce qu’elle nous disait sans orgueil : elle n’arrivait pas à ne pas juger la sottise humaine, conséquence de ce qu’elle a pris…) tu risques de tomber dans le jugement. Si tout te sert pour repérer tes propres mécanismes et travailler à la spiritualisation de ta personne versus la robotisation de ton individu, les manques ou défauts que tu vois chez les autres sont des cadeaux… N’hésites pas à repérer cela et à nous écrire des exemples...

Le lion :
Autres chose qui me frappe plus encore est de voir à quel point nous sommes tous coincés dans nos idées. C’est vraiment quelque chose que je ne voyais pas avant mais qui me saute aux yeux désormais, que ce soit les personnes qui m’entourent, les enseignants, les intervenants, etc…

L’arbre :
Cela s’appelle la pensée unique, il y aurait beaucoup à dire… Moi je trouve fendant de voir qu’’’on’’ présuppose que l’autre pense comme nous, et dès que l’on constate que cela n’est pas le cas, on le met parmi les opposants. Comme il ‘’fonctionne’’ pareil, v’la l’dialogue !!!

Le lion :
J’ai d’ailleurs repensé à l’expérience que nous avons eue avant d’aller en teuf lorsque Eric ne savait pas si il voulait y aller puisque qu’il avait peur d’avoir mal à la tête le lendemain et de ne pas pouvoir travailler, lors d’un weekend ski avec les personnes de ma promo. En effet un de mes amis n’aimait pas passer par une piste en particulier puisqu’elle était étroite et un coté était à flanc de falaise. En fait il avait peur du vide. Je me suis donc demandé s’il n’avait en réalité pas plutôt peur de ce qui pouvait se passer s’il tombait plutôt que d’une réelle peur du vide. Ce qui m’a amené à me demander, nos peur ne sont-elles pas issues des idées que l’on se fait de tel ou tel chose dans le cas où ?

L’arbre :
Il peut y avoir un mélange des deux. Ton ami aurait pu se booster un peu et s’approcher de la falaise pour vérifier ou il en est de cette peur, voir jusqu’où elle est bien là, jusqu’où il peut l’apprivoiser, la dépasser… Nos idées du réel, l’imaginaire que nous développons qui nous empêche d’’’être là’’ peuvent nous faire peur, nous angoisser mais tout aussi bien nous exalter, nous exciter… Le réel nous remet sur terre…

Le freshman :
Je confirme : quand je suis arrivé à Madagascar et qu’on m’a dit que j’allais me retrouver devant 55 élèves déchainés pour leur apprendre le français, langue dont l’orthographe m’est encore étranger. On m’a posé la question si j’avais peur. Le terme me paraissait bien négatif : Est-ce que on peut aller de l’avant en ayant peur ? Peut-on se préparer à une nouvelle expérience sereinement en aillant peur ? Je préférais répondre que je n’avais pas peur mais que j’appréhendais beaucoup. Je n’ai pas accès à wikiP mais je sens que l’étymologie du verbe « appréhender » est intéressante.
L’arbre :
Il y a une notion de « saisir avec le corps » (appréhender un voleur), c’est intéressant. Ensuite, un regard psychologique : appréhender peut effectivement être proche de la peur qui imagine à l’avance. Et la philo : « appréhender le réel » est cette toute première opération intellectuelle par laquelle une info passe de nos sens à notre intelligence, c’est « saisir ». Il me semble qu’appréhender, psychologiquement, reste quelque chose de lourd, car on est quand même dans l’imaginaire de ce qui va se passer
Freshman :
Appréhender…
L’arbre :
ici dans le sens de « reçevoir », c’est une opération déjà spirituelle, on est pas dans l’appréhension psy
Freshman :
… une réalité inconnue me permet de m’approcher d’elle en douceur sans me mettre la pression.
L’arbre :
That’s good : il y a là un travail de transformation : un changement de forme par la finalité… Une ‘’Métanoïaction’’
Freshman :
C’est ce que j’ai vécu lorsque je me suis retrouvé en face de ces fameux 55 élèves pas si déchainés. Je m’étais bien préparé, mes appréhensions n’étaient pas toutes fondées et ont vite laissé la place au réel.
Le lion :
Aussi, ma question quant à ton invitation d’écrire quelques phrases était plutôt par où commencer puisque je ne sais pas trop quoi dire. Peut-être as-tu des clefs pour commencer ?

Il s’agit de commencer par le réel : ce qui est : tu viens de m'écrire deux supers textes, qui interrogent à partir d'un étonnement, ce qui est la clef par excellence ! Tu n'es pas parti d'idées pour contredire ou autre mais du réel avec une intention : approfondir. C'est bien ce à quoi je vous ai invité...

J’ai tout de même l’impression que mon esprit est en train de redescendre.

C’est une impression, ce n’est pas le réel. Ton esprit ne peut pas redescendre, la sensation exaltante de découvrir quelque chose peut se calmer, voir disparaitre. Mais je t’assure que ton esprit, c’est-à-dire ta vie spirituelle, à partir du moment où tu as consentis à te mettre en chemin vers cette lumière intérieure que tu pressens, ne te fera jamais défaut, ne te trahira pas. La sensation de grandir parfois sera absente, et même lourdement, mais la croissance réelle de cette vitalité intérieure qui te pousse au-delà de toi-même pour mieux t’identifier et naitre à celui que tu es te sera toujours fidèle. Mieux : plus tu sens tes défaillances, plus c’est un signe que ta force intérieure travail et t’appelle à être plus intelligent et aimant…


Merci l’arbre ! C’est rassurant, tes paroles me gonflent à bloque. Je prends conscience, en te lisant, de la manière dont j’ai grandi ces derniers mois et que ce n’est pas encore fini. Yes ! Perdre tous mes repères dans ce nouvel environnement m’a fait sentir pas mal de mes défaillances, quel travail ! Mais j’ai aussi découvert de nouvelles forces pour être plus intelligent et plus aimant.

J'ai l'impression que cette parole illustre ce que j'essaye d'exprimer quand à mon intention grandissante.
C’est une impression qui demande à passer progressivement du côté du réel… par le travail sur toi…
Moi, j’essaye de me maintenir avec des lectures. J’ai d’ailleurs commencé le livre de Pierre Rabhi « La sobriété heureuse ».

C’est bien. Les éclairages de philo réaliste que je te propose te permettront d’accorder ton intention à celle de tous ceux qui peuvent t’enseigner quelque chose. Tu vas de moins en moins lire parce qu’il faut, ou parce que tel auteur est à la mode ou incontournable, mais de plus en plus tu sauras ordonner toutes les connaissances que tu acquiers par ce que tu veux faire de ces connaissances…

Ce ne peut être qu’en partant du réel (et non des lois qui nous disent ce qu’il faut faire) que l’on peut réaliser à quel point il nous manque lorsqu’on retourne dans nos illusions… C’est pourquoi je vous propose des expériences fortes, préparées, vécues et relues pour en faire sortir tout le jus, jusqu’à la substantifique moelle…

Est-ce que tu entends quelque chose de précis en disant expérience forte et préparée ?

Qu’en dis-tu ?

Chaque expérience préparée (anticipée), chaque interaction est forte de ce que j'en ressens quand je les relis (ce qui m'arrive de plus en plus souvent).

Nickel, cela fait partie du boulot proposé, c’est ce que nous mettons en place ensemble…

A l'inverse les expériences non préparées me semble très fortes de par leur effet de surprise "l'exaltation de l'inattendu / de la nouveauté" je pense…

Bien pensé… Je te propose de ne pas le mettre ‘’à l’inverse’’ mais dans l’ordre :
● L’expérience vécue, c’est la vie, la spontanéité du vivant qui se livre d’abord sans réflexion dans "l'exaltation de l'inattendu / de la nouveauté" … C’est bon signe, et finalement plutôt rare tant notre programme de self-control est performant… Souvent, nous nous reprochons nos premiers mouvements passionnels, ils ne correspondent pas à l’éthique normée, cadrée dans laquelle nous avons essayé de grandir sous le regard des autres. Jusqu’au moment où la nature réclame son dû…
● L’expérience anticipée et relue, c’est l’enseignement que l’on tire de la vie, c’est une autre étape. Si elle a laissé sa place à la première étape dans toute sa vitalité tout en la canalisant, en la finalisant, une qualité et une profondeur lui permettront de se transmettre de manière ordonnée et constructive…
Sans se travail, la vie se transmet de manière désordonnée, tout ce qui compte c’est de se faire du bien et de faire du bien.
Si ce travail étouffe la vie, il n’y a plus transmission d’expérience mais inculcation de lois…
Entre deux excès se trouve la vertu…

Alors vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que nous vivons et observons pour transmettre la vie que…


Rouahhh, fini le Lion, avec le sentiment d’avoir bien mangé…

… répondit l’Arbre, plongeant ses racines dans le silence…

Et la Tourterelle se mit à rire…
Après s’être réchauffé le Freshman repartit en TRANSJUMP, mais insatisfaite la Tourterelle reprit :


Le tout est lié alors il n'y a pas de limite / de délimitation entre la perception (les sens le réel) et l'interprétation (la pensée) ?
Il y a une unité radicale du vivant par l’âme qui en est le principe. Les trois dimensions, spirituelle, sensible et biologique sont celles d’une seule personne. C’est l’analyse philosophique, qui découvre et met en ordre des actes ou opérations d’ordre spi, sensible ou végétatif. L’objectivité de la connaissance parlera de « perception » lorsque cette connaissance est sensible et d’ « interprétation » lorsque l’intelligence ‘’regarde’’ ce qu’elle perçoit… On va dire que l’ « appréhension » est entre les deux…
Et comment tu es ferme sans rigidité ? Ferme et souple c'est pour moi des opposés, je veux bien accepter…

C’est gentil… Lol

… que rarement ils se mélangent pour faire 1 chose mais ça reste de l'ordre de l'exceptionnel ... ou alors c'est parce que je n'en vois pas souvent que je dis que c'est exceptionnel ... je sais pas

Parlons de deux « qualités » que peuvent avoir un même acte, plutôt que de « mélange »… Nous pouvons dire une parole fermement et avec souplesse, une parole vraie, soutenue par l’expérience, peut-être adroitement proposée, sans écraser celui qui la reçoit. La souplesse d’un bon pédagogue est de trouver le bon moment et la bonne manière de dire des vérités pas évidentes. Assener des vérités toutes faites est dur. Proposer adroitement certains éléments pour cheminer, c’est allier ces deux forces que sont la souplesse et la fermeté en vue de la croissance de celui qui écoute… C’est un παράδοξος, un paradoxe, sauf si on en reste à la contradiction…

Wik : Le paradoxe « contraire à l'opinion commune », de para : « contre », et doxa : « opinion » est un puissant stimulant pour la réflexion. Il est souvent utilisé par les philosophes pour nous révéler la complexité inattendue de la réalité. Il peut aussi nous montrer les faiblesses de l'esprit humain et plus précisément son manque de discernement, ou encore les limites de tel ou tel outil conceptuel. C'est ainsi que des paradoxes basés sur des concepts simples ont permis de faire des découvertes en science ou en philosophie ainsi qu'en mathématiques et en biochimie.
Et nous (notre groupe de travail) on vise la vertu parce que ça nous fait du bien ? La transmission ne peut pas être désintéressée si ce qu'on fait en / à l'autre c'est pour se connaitre soi-même ... parce que transmettre c'est la chose (pas logique mais plus) ordonnée à faire non ? Si je ne fais que transmettre tout ce que j'ai, tout ce que je vis ; je ne pense pas à moi ? Or si je n'applique que les lois sans réfléchir je me préserve de l'autre et donc de moi ?
Nous visons la vertu, c’est-à-dire l’acte juste, car elle nous rend civilisés et plus à même de rentrer en relation avec l’autre, ce qui a pour conséquences de faire du bien, à nous comme aux autres.
Je ne pense pas que l’on transmet pour se connaitre mais pour transmettre (donc oui : « transmettre c'est la chose (pas logique mais plus) ordonnée à faire ») c’est gratuit. Le fait que cela nous rapproche de la connaissance de nous-même est une conséquence fort sympathique mais on ne le fait pas pour cela, ce serait de la manip. Evidemment, il est très exigeant, presqu’impossible d’agir totalement gratuitement. C’est là qu’arrive le moment où une certaine nécessité se fait de poser un « être premier », parfaitement bon et qui lui-même existe et agit gratuitement et nous enseigne cet agir avec souplesse et fermeté…
C’est toute la magnifique philo de la finalité (pour/ en vue de) qui se distingue des effets (conséquences / fruits…). La confusion des deux est à l’origine du waï de nos life…
Transmettre est un acte naturel, nous n’avons pas à y penser mais à rétablir notre nature : il y a aussi un tri sélectif à faire dans notre petite tête…
S’il existe, l’ « être » qui se transmet et se transmet gratuitement et totalement le fait sans réserve ni protection, (d’où la vision chrétienne d’un Dieu crucified on a cross). Quant à nous, il est bon de nous préserver. Les racines du chêne du Liban sont de la même taille que le tronc et les branches…


Merci pour ce nouveau document. Je suis en vacances, alors je vais avoir le temps de relire tes réponses ainsi que ce qu’apporte la Tourterelle au dialogue.

J’ai eu une discussion sur la spiritualité avec mes parents, ce qui est très intéressant et me permet de voir ou je me situe par rapport à ce sujet. Nous avons notamment abordé le psychisme (yoga, bouddhisme) et la spiritualité.
Nous avons abordé ce sujet à plusieurs reprises lors de nos rencontres. Mais je me rends compte que cela n’est toujours pas clair dans mon esprit, en fait j’essaye de t’écrire ce que je mets sur ces termes, mais… c’est le grand fouillis !
Voilà ce que cela donne :
Le psychisme serait selon moi le niveau le plus élevé du mentale, il se sert de nos idées (enfin celles des personnes qui y adhèrent) pour exister.
Je ne vois pas trop ce que tu entends par le fait que le psychisme se sert de nos idées pour exister…
Peut-être que ta pensée est un peu trop rapidement synthétique. On pourrait voir plus distinctement ce que l’on peut entendre pour chacun des termes, de quel ordre il est, dans quel type de connaissance on l’emploie.
Psychisme / mentale/ spirituel…
Idées / concept / pensées …
Cela vaut le coup d’aller voir la pauvreté de ce que disent les dico sur le net. Mentale et psychisme sont des synonymes et basta… De fait, leurs étymologies sont les mêmes dans deux langues différentes !!! Mens et πσυχηε (psyche) veulent tout deux dire ‘’âme’’ en latin et en grec !!!
Je vais essayer de trouver des dicos plus humains mais quel que soit le dico, il ne sera qu’un outil limité, alors que la philo ouvre à une recherche ouverte…

La spiritualité serait la découverte d’un être premier sur l’axe qu’est le chemin vers la découverte de soi, des autres, de notre intention via un travail comme celui que nous effectuons lors de nos rencontres par exemple ?
Encore une distinction : spiritualité / vie spirituelle (ou vie de l’esprit)
Je reposerais donc ta proposition qui est assez bonne plutôt avec ce terme et dans cet ordre : La vie spi « est le chemin vers la découverte de soi (donc de notre intention), des autres » et « d’un être premier » « via un travail comme celui que nous effectuons lors de nos rencontres »…
J’ai l’impression d’être énormément réducteur... Donc du coup (non jdéconne) pourrais-tu me donner une ou deux pistes pour que j’oriente ma réflexion afin d’y voir plus clair.

Je pourrais continuer à te répondre mais je voudrais que les autres animaux du jardin inter-viennent avec toi :

Comment distinguer spiritualité / vie spirituelle (ou vie de l’esprit) ?
Où situer le psychisme dans la personne humaine, si l’on considère certains degrés de vie dans la personne…

La chouette qui observait silencieusement tous ces sautillements avec intérêt, roule de grands yeux ronds. Sortant de sa léthargie, elle secoue ses grandes ailes et ulule :
« Allez, je me lance ! Enfin, en douceur hein … Ma colloque Sophie (un écureuil bien rangé), avec qui j'ai discuté de cette réflexion, nous indiquait que le psychisme, c'est l'objet d'étude de la psychologie. C'est tout ce qui se rapporte à soi, au comportement humain, à ses réactions face à un événement, ses sentiments... Well, Sophie est en études de psycho, ce qui lui permet de répondre -disons studieusement- à ces distinctions. Psychisme > psychè = (grec) âme. Le psychisme est la vie de l'âme.
Et la vie spirituelle alors ? Peut-être est-ce la vie de l'esprit...
Dans spiritualité, il y a esprit bien sûr mais j'ai aussi l'idée que je recherche un autre, qch qui m'élève et me sort de moi-même. Qch qui me sort de mon psychisme en somme... Lorsque j'entends psychisme, spiritualité et vie spirituelle, il y a comme un ordre de grandeur qui se met en place. Le psychisme se rapporte à soi, la spiritualité recherche l'autre et la vie spirituelle s'épanouit dans/avec les autres. Il me semble que tout se joue dans ce rapport à l'Autre.
Le bouddhisme et le yoga proposent des exercices du corps pour rejoindre un certain état d'esprit dans lequel celui qui les pratique se sent bien. La fameuse posture du lotus (position assise, jambes repliées) par exemple veut disposer le corps au calme, en se concentrant sur la respiration. Tiens, tiens, ça me rappelle quelque chose … Oui ! La respiration est très importante pour trouver le calme. Elle est une des portes d'entrée du soooooaKing ! ... sauf que dans nos rencontres, lorsque nous entrons en soaKing, nous ne nous concentrons pas. Nous laissons vivre le souffle. C'est tout à fait différent. Nous ne cherchons pas à contrôler ce qui entre et sort de nous. Nous observons au contraire la fabuleuse histoire qui se crée dans un souffle. Je te propose une petite analogie à propos du soaKing. Le King règne sur son royaume. Il reconnaît que son autorité vient de la confiance qu'a son peuple envers lui. Respect et lumière son des valeurs que l'on reconnaît dans ce royaume. Dans une autre contrée, sous un autre ciel et un autre temps, un tyran maîtrise une terre. À l'inverse du King, le tyran n'instaure aucune confiance autour de lui. Il over-control la situation en imposant sa loi et son armée sur tout ce qui lui appartient. Il fait mieux vivre auprès du King. Son royaume est paisible. Son peuple est libre de vivre et de s'épanouir comme bon lui semble. Trop de liberté ? Non, justement, cette liberté est bonne. Qui du peuple voudrait détruire une telle stabilité, une telle sérénité ? Vas-y, essaie d'y entrer, tu vas voir …

Cela me ramène à la vie spirituelle. Dans le mot vie, je vois un grouillement d'êtres vivants, un tas d'inter-actions entre chaque membre d'un écosystème, la volonté de chacun de s'épanouir dans le milieu qui l'entoure. La vie spirituelle ne recherche pas seulement l'autre, elle dépend de lui ! Et même, en allant plus loin, elle dépend de l'Autre. Parce que tout ce qui est autre que nous-même nous indique le réel, cela a la capacité d'influencer l'évolution de notre être. Autrui peut tout aussi bien élever notre vie que l'abaisser. Dès lors, l'Autre, en tant qu'il est le Bien suprême, apparaît comme notre finalité c'est-à-dire ce vers quoi notre être tend = bonheur. L'Autre est LA VIE.
Minute papillon, je suis allée un peu vite là … « l'Autre, en tant qu'il est le Bien suprême ». Tentons d'explorer qui est cet Autre. Disons que le réel est constitué de moi et de tout ce qui n'est pas moi. C'est la conjonction entre l'identité et l'altérité. Néanmoins, ce réel-autre se laisse connaître : grâce à mes sens et mon intelligence, j'arpente les chemins de ce monde différent de moi qui ne cesse de me surprendre par sa diversité. Au-dehors de moi, il y a l'autre.
Le psychisme me permet de comprendre qui je suis. Mais je ne me suffis pas à moi-même (c'est ennuyant quoi). Ce petit monde auto-centré rencontre rapidement ses propres limites. Naît alors le désir de l'autre. C'est la spiritualité. Un mouvement dirigé vers l'extérieur me porte à d'autres perspectives. À deux, c'est bien, à trois c'est mieux ! (bon ok la blague est pas top). Je découvre que même si l'autre est chouette, il ne m'apporte pas la totalité du bonheur auquel je prétends. J'ai besoin d'un principe bien plus fort, qui soit source de ma vie et de celle de l'autre. J'ai besoin d'une transcendance. Une tiers personne vient équilibrer la table du Réel.
Si l'Autre est l'être le plus élevé qui soit dans l'échelle des « autres », s'il produit ma vie en l'influençant vers ce qu'il y a de plus vivant possible, alors Il devient mon Bien suprême. Il renforce ma volonté d'être. Il fortifie ma puissance d'être vivant. Il me fait découvrir plus et mieux qui je suis. Or, cela est valable pour chacun. L'Autre est donc le principe de toute chose = le principe de ma vie = à la fois mon origine et ma finalité = le déploiement du Réel. Rien ne me fait mieux découvrir ma vie spirituelle que Lui.

En voilà une bonne nourriture qu’elle est bonne, Chouette… Surtout qu’elle s’est bien fait attendre, j’dis rien… L’intervention de l’écureuillette nous est précieuse : elle met en ordre en montrant l’objectivité de la connaissance, et que chaque objet de la connaissance a donné lieu à une étude spécifique. Par exemple, le mesurable est étudié en math ; le produit à vendre en école de co…
On parle de spiritualité chrétienne, de spiritualité bouddhiste, de spiritualité nudiste (j’rigole pas !), il semble qu’il y ait ici la notion de regroupement en effet, et de partage de vision.
J’ai laissé passer quelques rayons de soleil à travers mes branches sur certaines affirmations qu’il semblerait préférable de poser en question, afin d’apporter des précisions, de prolonger le discernement… Nous pouvons nous arrêter avec admiration sur tout le reste, mais là, mieux vaut interroger de nouveau…


Alors une antilope bondit dans la savane, et s’approchant de l’arbre, lui confia :

Salut, je voulais surtout t'envoyer ce mail (que tu peux partager si tu veux si tu trouves que ma question se pose à pas mal de gens) parce j'ai quelque chose qui me tracasse depuis un moment.
Ça m'arrive souvent de penser que je suis enfermé dans ma vie, je voudrais faire autre chose, être autre part, avoir un mode de vie, une autre vie... Sauf qu'à cause de mon cadre scolaire ben c'est pas possible. Je pourrais arrêter mes études et tout changer mais en même je sais que j'ai besoin de ces études pour pouvoir avancer par la suite.
Et plus les études avancent plus j'ai l'impression d'être bloqué dans un cycle dans lequel je peux pas sortir, et j'ai peur de rester coincé jusqu'à la fin dans cette boucle du "métro-boulot-dodo". Donc personnellement je trouve pas de solutions à mon problème alors je me disais que toi tu pouvait m'apporter des éléments sans forcément que ce soit une réponse clef.
J'espère que j'ai été compréhensible et je te remercie d'avance.
Merci à toi, pour ta confiance et pour ta recherche.
Comme je te l’ai écrit en réponse à ton mail, tu ne peux te passer de rencontres personnelles régulières avec des personnes qui te font grandir. Ainsi ce que je t’écris n’a de sens que si cela t’aide à faire le pas de te joindre à la bande ou à toute personne qui pourrait t’apprendre à objectiver ta vie.
Ce « quelque chose qui me tracasse » est le signe que ta vie intérieure, ou spirituelle, veut se manifester, éclore. Chacun de nous passons beaucoup de temps dans les jouissances sensibles, elles prennent le bon gout de tout un tas d’aventures qui finissent quoiqu’il arrive en mode fadaise et nous sommes blasés…
A te lire, tu parviens même à un état critique qui n’est pas facile à vivre, une sorte de crise. Le mot « critique » ou « crise » vient de κρινειν : krinein, en grec, qui veut dire « discernement ». Une crise peut être très mal vécue et mener au désespoir, avec toutes les peurs que cela peut impliquer.
La démarche que tu entreprends de frapper à la porte d’un arbre ( !) manifeste plutôt une maturité qui demande à se dessiner dans ta vie, un discernement, « une mise à part ». Il y a cependant, confondu à cette démarche une forme de condamnation : « à cause de mon cadre scolaire ben c'est pas possible » « être bloqué dans un cycle dans lequel je peux pas sortir, et j'ai peur de rester coincé jusqu'à la fin ».
Il n’y a pas de solution, parce qu’il n’y a pas de problème. C’est ta manière de vivre cette étape de ta vie, de ta croissance, qui te contraint à l’interpréter comme un problème. C’est un mode de pensée assez violent et omniprésent dans notre société : tout semble être un problème à solutionner, voir à régler… à régler !!!
Ta vie est une lumière précieuse qui attend d’être reconnue par toi comme un phénomène en croissance dans lequel existe une stabilité, quelque chose sur quoi t’appuyer. Tout est en mouvement mais au-delà du mouvement, tu existes, toi, comme être humain, avec une identité qui t’est propre. Apprendre à positionner ton corps et ton sang dans ce mouvement, à situer ta lumière dans l’univers avec ses deux dimensions du temps et de l’espace, sans te faire désintégrer, c’est un art. Stagner dans le mouvement, dans la croissance, si on ne découvre pas les profondeurs de notre être, nous met dans l’agitation et nous restons à la surface inquiétante de nous-même, cherchant des solutions « forcément » dans un « ailleurs-autrement » qui signe notre arrêt de mort. Or il existe, ici, maintenant, en toi, un espace de liberté vitale auquel tu auras accès lorsque tu ne chercheras plus de solutions, lorsque tu ne demanderas plus à autre chose qu’à toi-même de te dire qui tu es, genre tes études, tes parents, toute forme d’expériences émotionnelles, ‘’la société’’. Le paradoxe, c’est que tu ne peux avoir un véritable accès à toi-même que par un « autre » ! Mais lorsque je parle d’un « autre », je parle de tout ce qui est en dehors de ton assimilation, de tout ce qui échappe à ton « je sais », « j’ai l’habitude», à ton interprétation sensationnelle de ce que tu vis, tout ce que tu ne peux posséder… Un « autre » qui ne se présenterait pas dans toute son « altérité », sa différence, ne peut que te renvoyer dans tes buts tant il te ressemble, tant il flatte ton système de références, il te laisse dans ton habitude, dans ta lassitude et fini par t’enfermer dans ta finitude… Ainsi, tu n’as rien à changer, mais tout à découvrir ; rien à arrêter, tout à commencer ; rien à nier, tout à reconnaitre ; rien à savoir, tout à voir ; rien à réprimer, tout à exprimer ; rien à étouffer, tout à respirer… Non, tu n’as rien à faire, tout à être, tout à vivre pour ne pas mourir…

Justement, comme tu viens de le dire je sens ma vie spirituelle grandir, en moi, en relisant l’histoire depuis le début (PS : l’antilope me correspond tout à fait lol), je me rends compte également à quel point la vie autour de moi est machinal, codifié et que tout et tout le monde est rangé dans des cases par le système.
Je comprends tout ça petit à petit autour de moi, que tout fait l’objet de comparaisons, de compétitions qui n’existent que dans ce que j’imagine et pas dans ce que je peux voir ou vivre.
Quand je dis que je me sens coincé dans une boucle, je veux dire que plus le temps passe plus j’ai la sensation de grandir (spirituellement) et plus je me rends compte que le système éducatif me bloque, et comme tu l’a très bien comparé :
“Ta vie est une lumière précieuse qui attend d’être reconnue par toi comme un phénomène en croissance dans lequel existe une stabilité, quelque chose sur quoi t’appuyer. “ J’aimerais entrer dans cette lumière qui me tend les bras, mais comme je l’ai expliqué ce n’est pas vraiment mes parents ou mes amis qui me dictent, je ne suis pas à penser “que vont-ils penser de moi ? suis-je présentable ? j’espère que je n’ai pas mis les gens mal à l’aise…” Non je sais que je ne pense pas ça, ce que j’essaie de dire c’est actuellement au jour d’aujourd’hui je pense vraiment que les études que je suis en train de faire me seront utiles pour le futur .(pas forcément que je vais finir dans le domaine dans lequel j’étudie mais mes études resteront utiles pour avoir de la connaissance) Mais lorsque je me rend à quel point je suis contre la façon de faire de l’éducation et que je me sens obligé de me plier ( si je n’écoute pas gentiment le professeur alors Monsieur physique-chimie ne va pas m’apprécier et il ne me mettra pas de gentille bonne note, mais comme Monsieur physique-chimie et très collègue avec Madame Biochimie alors pas non plus de bonne note en biochimie. Résultat pas de première année pour L’antilope… J’ai grosso modo résumé mon année dernière).
Et c’est comme tu l’expliques cette pensée commune cette façon de me mettre les gens dans un moule avec laquelle je ne suis pas d’accord mais qui en même temps ne me laisse pas vraiment de choix…
Et j’aimerais aussi clarifier le fait de ne pas chercher de solutions, pour moi une solution n’est pas obligatoirement “mathématique” et je ne comprends non plus comment considérer qu’il n’y a pas de problème.
A te lire, cela m’intéresserait de savoir ce que tu entends par « vie spirituelle ». Quant à l’influence de notre entourage, il ne me semble pas si évident que cela d’être sûr que notre pensée vient de nous-même. Sans parler d’un entourage qui nous « dicte » notre comportement, pas mal d’ « informations » nous ont conditionné qui font que l’on est juste dans la répétition de quelqu’un d’autre sans nous en rendre compte. Qu’en penses-tu ?
Pour la question sur la solution ou le problème, c’est peut-être des questions de mot, ou alors de manière de vivre. Pour ma part je ne cherche pas de solutions car je n’ai pas de problèmes. Certaines situations éprouvent mon intelligence, me demandent un effort plus soutenu et par un travail sur moi et sur le réel, quelque chose de nouveau se produit. Appeler ces situations « des problèmes » et ce qui se produit de nouveau « des solutions » est réducteur et logique, alors que les situations que je rencontre et ce qui se réalise lorsque j’ai travaillé plutôt ample, riche et se déploie dans une histoire. Effectivement, dans le système éducatif dont tu parles, on « traite le dossier d’enfants à problème ». Dans un axe plus vital ou chaque être humain est considéré dans ces limites comme un vaste champ de découverte, l’éducateur est obligé de se bouger de ses propres limites pour se faire accueillant… Il n’a rien à résoudre ni à dissoudre mais tout à faire grandir…
Ainsi considérée, l’étroitesse du système scolaire pourrait te sembler moins étouffante. Il s’agit d’une vision ouverte sur le réel qui nous demande de sortir de nos habitudes de penser et d’agir… C’est ce que je vous propose dans nos échanges virtuels ou directs…
Cela paraît si facile à dire et si difficile à faire ? Une habitude c'est tellement bien. Ne pas prendre de risque (pour moi l'inconnu c'est un risque) c'est tellement plus sécurisant que de se dire « je vais vivre, je vais aller faire ma migration en Afrique où en Asie tout seul et laisser le nid que je me suis construit ». Comment ça se fait que ça paraissent si abordable écrit alors que, comme je le perçois, ce n'est pas plus réaliste que la paix dans le monde ?
Chez moi les oiseaux sont toujours aussi méchants les uns avec les autres (notamment avec moi). J'y accorde moins d'importance mais je le vois, je le sens, je le vis toujours et toujours et encore et toujours. Peut-être que je le sens particulièrement en ce moment aux vues de mon état de fatigue avancé. Je ne suis pas si souvent visée, je ne suis pas non plus victime pourtant je me sens agressée. Certes la période est difficile pour nous autres étudiants (surtout ma promo, ma classe, mon entourage direct, celles et ceux que je vois tous les jours) mais c'est un cercle vicieux. Si une personne fait comprendre qu'elle en a marre ça va réveiller l'agacement d'une autre personne. À l'inverse si une personne est heureuse de résoudre ses problèmes je vais lui en vouloir parce que moi je n'ai pas résolu les miens. Enfin je ne vais pas lui en vouloir mais je vais être jalouse, agacée, envieuse. J'ai l'impression de voir cette situation partout autour de moi, tout est raison à devenir méchant, mesquin. J'ai l'impression de devoir me défendre de tout, prouver tout, expliquer tout ce que je dis et ce que je fais. C'est ignoble. Le pire c'est que je sais que ça vient de ma perception des choses mais pourquoi est-ce que je vois les choses ainsi ? Je ne peux pas être profondément méchante et mesquine … je ne veux pas en tous les cas.
Ça n'a rien de stable de grandir, de croître pour devenir ou être quelqu'un. Si c'est vers ça, vers ce genre de monde, ce genre d'échange qu'une personne qui grandi va alors je refuse de grandir. Pourquoi se découvrir si les autres refusent de se découvrir avec nous ? Pourquoi subir tout ça, par exemple toute cette pression scolaire que subit l'antilope et sûrement beaucoup d'autres étudiants ? Comment faire pour arrêter de subir d'ailleurs ? Je me sens agressée par les autres oiseaux et je voudrais sentir autre chose. Je sais qu'il y a autre chose mais pourquoi je ne le perçois pas ? Est-ce que quelqu'un le perçoit ? Est-ce que c'est perceptible ?
Notre travail lors de nos rencontres se passe dans un lieu et un temps qui sont favorables à la perception d’autre chose. Nous avons besoin de lieux, de temps et de personnes-sources qui nous assurent dans les périls de la vie et les menaces de prédateurs dont nous ne savons pas s’ils vont s’arrêter un jour. Certaines utopies ont proclamé des paix qui ont mené à plus de guerres. Pour ma part comme arbre christifié, je jouis d’une paix qui n’est pas de ce monde, pas temporelle, une source pacifiante et régénérante qui se répand en moi et autour de moi, transformant ma temporalitude et ma situation dans l’espace, ce qui permet à quelques animaux de venir se poser à côté de moi et boire un p’tit coup… c’est formidable…








Dernière édition par Admin le Mar 28 Mar - 21:15, édité 1 fois

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Re: Le jardin du réel

Message par L'arbre le Mar 28 Mar - 20:52

Oui, c'est magnifique

L'arbre

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